Des Palestiniens, arrêtés dans un raid israélien sur Jénine, le 22 janvier 2025.
Dépositions récentes de Palestinien·nes libéré·es
Le Centre palestinien pour les droits humains (PCHR) a rendu publiques de nouvelles dépositions de Palestinien·nes récemment libéré·es de prisons et de camps israéliens. Ces témoignages décrivent des pratiques de violences sexuelles, de torture physique et de dégradation mentale d’une ampleur telle que l’organisation les qualifie de systématiques, et non d’actes isolés.
Selon le PCHR, ces abus s’inscrivent dans un contexte plus large de politiques visant à briser les individus, effacer leur identité et instaurer un climat de terreur à l’intérieur d’espaces de détention fermés à tout contrôle international, y compris celui du Comité international de la Croix-Rouge.
Des témoignages accablants sur des violences organisées
Arrestations arbitraires et humiliations systématiques
Les personnes entendues par le PCHR — hommes, femmes et jeunes — affirment avoir été arrêtées sans justification légale, du seul fait d’habiter la bande de Gaza. Selon l’organisation, ces détentions fonctionnent comme une forme de punition collective, combinant :
- violence physique
- violences sexuelles
- stratégies d’humiliation visant à infliger une souffrance maximale
Le cas de N.A., 42 ans : un récit de viols répétés et de torture
Arrêtée en novembre 2024 au nord de Gaza, N.A., mère palestinienne, témoigne avoir été :
- violée à plusieurs reprises par des soldats
- dénudée de force et filmée
- insultée, électrocutée et battue
- laissée nue, menottée et exposée pendant des heures
Elle décrit une expérience « indescriptible », marquée par la violence répétée, les menaces, les rires des soldats et l’usage de la caméra comme outil de déshumanisation.
Le cas de A.A., 35 ans : viol par un chien dressé et mutilations
Arrêté à l’hôpital Al-Shifa en mars 2024, A.A. affirme avoir subi :
- des déshabillages forcés
- des insultes et menaces de viol
- une agression sexuelle par un chien dressé
- des coups prolongés entraînant fractures et blessures multiples
Selon son témoignage, l’attaque du chien a été orchestrée volontairement dans une zone sans caméras, au camp militaire de Sde Teiman.
Le cas de T.Q., 41 ans : viol avec un objet en bois
Arrêté lors de son déplacement à l’hôpital Kamal Adwan en décembre 2023, T.Q. raconte avoir été violé à l’aide d’un bâton, puis forcé à le lécher. Il mentionne une perte de conscience, des saignements et des coups répétés, interrompus seulement à l’arrivée d’une officier.
Le cas de M.A., 18 ans : agressions sexuelles collectives
Plus jeune témoin entendu, M.A. déclare avoir été violé à plusieurs reprises avec une bouteille insérée de force dans l’anus. Il affirme que ces actes ont été commis :
- individuellement
- collectivement, devant d’autres détenus
- parfois en présence de chiens pour accentuer l’humiliation
Il décrit une destruction totale de son moral et de ses repères.
Un rapport qui conclut à des actes relevant du génocide
En mai 2025, le PCHR avait publié un rapport basé sur 100 témoignages, documentant torture, privations, disparitions forcées et traitements cruels. L’organisation estimait que ces pratiques répondaient aux critères définis par la Convention de l’ONU sur le génocide :
- Atteinte grave à l’intégrité physique et mentale d’un groupe
- Imposition de conditions de vie visant à sa destruction
Appel urgent à la communauté internationale
Le PCHR appelle :
- les États parties à la Convention contre la torture
- les États parties à la Convention sur le génocide
- le Secrétaire général de l’ONU
- les rapporteurs spéciaux
- les organisations humanitaires
à intervenir immédiatement.
Les demandes incluent :
- la libération des personnes détenues arbitrairement
- la révélation du sort des personnes disparues
- l’accès immédiat du CICR aux centres de détention
- une protection psychologique et médicale urgente pour les survivants
Inquiétudes face au projet de peine de mort
Le 3 novembre 2025, la Commission de la sécurité nationale de la Knesset a approuvé un projet de loi autorisant la peine de mort contre des prisonniers palestiniens. Selon le PCHR, de nombreux aveux ont été obtenus sous la torture, faisant craindre des exécutions massives.
Vers une action judiciaire internationale
Le PCHR poursuit :
- la collecte de témoignages
- la constitution de dossiers
- la transmission des preuves à l’ONU et à la CPI
dans l’objectif d’obtenir justice pour les victimes et mettre fin à l’impunité.

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