Huit États arabes et musulmans — l’Égypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, la Turquie, l’Indonésie et le Pakistan — ont exprimé une condamnation ferme et coordonnée des violations répétées du cessez-le-feu commises par Israël dans la bande de Gaza.
Dans un communiqué conjoint publié par le ministère égyptien des Affaires étrangères, les ministres des Affaires étrangères de ces pays estiment que ces violations ont provoqué la mort et des blessures chez plus d’un millier de Palestiniens. Ils soulignent que ces actes constituent une escalade dangereuse, susceptible d’alimenter les tensions régionales et de compromettre les efforts en cours pour consolider l’accalmie et rétablir une stabilité durable dans les territoires palestiniens.
Les signataires avertissent que ces pratiques interviennent alors même que des acteurs régionaux et internationaux tentent de relancer un cadre politique présenté comme une « seconde phase » d’un plan de règlement, tout en cherchant à mettre en œuvre une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies relative à la situation à Gaza. Selon eux, la poursuite des violations israéliennes fragilise directement toute perspective de désescalade crédible.
Une menace directe pour le processus politique
Les chefs de la diplomatie des huit pays affirment que la répétition de ces violations représente une menace directe pour le processus politique. Elle risque, selon eux, de bloquer les efforts visant à créer les conditions minimales nécessaires à une transition vers une phase plus stable dans la bande de Gaza, tant sur le plan sécuritaire qu’humanitaire.
Ils appellent l’ensemble des parties à faire preuve d’une retenue maximale afin de préserver le cessez-le-feu, d’en garantir la continuité et de s’abstenir de toute action susceptible de compromettre les initiatives actuelles. L’objectif affiché reste clair : permettre un relèvement précoce du territoire et engager, à terme, un processus crédible de reconstruction.
L’armée israélienne invoque une riposte
De son côté, l’armée israélienne a déclaré que les frappes menées récemment constituaient une réponse à une violation préalable du cessez-le-feu. Elle affirme que ses forces auraient repéré huit combattants sortant d’un tunnel à Rafah, une zone placée sous contrôle israélien. Ces affirmations n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante.
Sur le terrain, la situation humanitaire demeure critique. Selon le ministère de la Santé de Gaza, 26 Palestiniens ont été tués et 68 blessés au cours des dernières 24 heures. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 11 octobre, le bilan s’élève à 523 morts et 1 443 blessés, auxquels s’ajoutent 715 corps extraits des décombres.
Depuis le début de l’offensive israélienne, le 7 octobre 2023, les autorités sanitaires de Gaza font état d’un total de 71 795 morts et de 171 551 blessés. Ces chiffres, régulièrement cités par les Nations unies et des organisations de défense des droits humains telles qu’Amnesty International et Human Rights Watch, illustrent l’ampleur de la destruction infligée à Gaza dans un contexte d’occupation prolongée et de violations persistantes du droit international humanitaire.

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