Le gouvernement somalien affirme détenir des informations selon lesquelles Israël chercherait à mettre en œuvre un plan de transfert forcé de Palestiniens vers le territoire du Somaliland, une région séparatiste non reconnue internationalement. Une accusation grave, formulée publiquement par le ministre somalien de la Défense, Ahmed Moalim Fiqi.
Selon le responsable, ce projet constituerait une violation manifeste du droit international, notamment de l’interdiction des déplacements forcés de population, ainsi qu’une atteinte directe à la souveraineté de la Somalie. Le droit international humanitaire, tel qu’interprété par les Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), interdit explicitement toute déportation de populations civiles sous occupation.
Rejet de toute reconnaissance du Somaliland
Dans une déclaration télévisée, Ahmed Moalim Fiqi a appelé Israël à retirer toute forme de reconnaissance du Somaliland, qualifié par Mogadiscio d’« entité séparatiste ». Il a souligné que le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, ne dispose d’aucune légitimité juridique pour reconnaître des entités situées à l’intérieur d’un État souverain.
Cette position s’inscrit dans le cadre du droit international public, qui protège l’intégrité territoriale des États, un principe central de la Charte des Nations unies. Toute reconnaissance unilatérale d’un territoire sécessionniste est susceptible de créer un précédent dangereux, en particulier dans des régions déjà fragilisées.
Une atteinte à l’unité territoriale somalienne
Le ministre somalien a également dénoncé ce qu’il décrit comme une ingérence directe dans les affaires internes de la Somalie. Il a accusé Israël de s’appuyer sur certaines élites séparatistes, alors même que près de la moitié des territoires anciennement associés au Somaliland ont, au cours des deux dernières années, réaffirmé leur rattachement à la République fédérale de Somalie.
Ces dynamiques internes, reconnues par les autorités centrales, renforcent selon Mogadiscio l’illégalité de toute tentative extérieure visant à consolider une entité séparée.
Projet de base militaire et risques régionaux
Ahmed Moalim Fiqi a en outre révélé que les autorités somaliennes soupçonnent Israël de vouloir établir une base militaire dans la région. L’intérêt stratégique tiendrait à la proximité du détroit de Bab el-Mandeb, un point névralgique reliant la mer Rouge, le golfe d’Aden et l’océan Indien.
Une telle implantation militaire serait, selon Mogadiscio, de nature à déstabiliser l’ensemble de la région, déjà marquée par des tensions liées aux conflits, à la militarisation des routes maritimes et aux rivalités géopolitiques. Le ministre a averti que ces initiatives participeraient à une logique plus large de fragmentation des États.
Réponse diplomatique annoncée
Face à ces accusations, la Somalie affirme vouloir recourir à tous les moyens diplomatiques et juridiques disponibles. Ahmed Moalim Fiqi a précisé que l’Union africaine est pleinement consciente des risques que représenterait une telle situation pour la stabilité du continent.
Dans un contexte marqué par la guerre à Gaza, l’occupation prolongée des territoires palestiniens, et les alertes répétées d’organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch sur les violations du droit international, ces accusations soulèvent de nouvelles inquiétudes quant aux conséquences régionales des politiques israéliennes.

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