Restrictions ONG santé Gaza

« Médecins sans frontières » : perdre l’accès à Gaza serait une véritable « catastrophe » (AFP)

À compter du 1ᵉʳ janvier 2026, de nouvelles règles imposées par l’État israélien pour l’enregistrement des organisations internationales non gouvernementales (ONG) pourraient restreindre leur accès à Gaza et aux territoires palestiniens.

Adoptée par les autorités israéliennes, cette réforme administrative est déjà dénoncée par de nombreuses ONG et par les Nations unies, qui y voient une menace directe pour la capacité des organisations humanitaires à fournir des soins médicaux essentiels à des centaines de milliers de Palestiniens.


Israël resserre le cadre légal des ONG

Une bureaucratie qui fragilise l’aide vitale

Médecins Sans Frontières (MSF) alerte que les nouvelles exigences d’enregistrement imposées par les autorités israéliennes pourraient entraîner la radiation forcée d’ONG à partir du 1ᵉʳ janvier 2026, ce qui ferait disparaître des acteurs essentiels du paysage humanitaire dans Gaza et en Cisjordanie.

Selon MSF, l’organisation a traité près de 800 000 patients en consultation externe en 2025, géré plus de 100 000 cas de traumatismes et assuré des services tels que la production de millions de litres d’eau potable, la vaccination et les soins obstétricaux, dans un système de santé que l’offensive israélienne a déjà effondré.


Conséquences humaines prévisibles

Risque de rupture des soins essentiels

Si MSF et d’autres ONG perdent leur autorisation de travailler, des dizaines de milliers de Palestiniens seront privés d’accès à des soins vitaux, dans une région où l’infrastructure sanitaire est déjà en ruines après des années de guerre, de blocus et d’occupation.

La santé publique à Gaza est structurellement affaiblie par ce qu’un grand nombre d’ONG considèrent comme une politisation de l’aide humanitaire et une instrumentalisation des procédures administratives, détournant la loi de ses finalités de protection des civils.


Appels de la communauté humanitaire

Une coalition d’ONG en alerte

Dès mai 2025, 55 organisations humanitaires ont publié une déclaration conjointe dénonçant ces règles comme une menace grave non seulement pour l’accès à l’aide mais aussi pour le respect du droit international humanitaire. Ils ont demandé une intervention urgente de la communauté internationale pour empêcher l’épuisement du tissu humanitaire dans les territoires occupés.

Alerte des Nations Unies

Le 17 décembre 2025, l’Organisation des Nations Unies et plus de 200 groupes d’aide ont averti que le processus d’enregistrement, qualifié de vague, arbitraire et fortement politisé, pourrait conduire à la fermeture forcée d’ONG d’ici la fin de l’année, mettant en péril les services de santé, la nutrition infantile, l’eau potable et l’assainissement.


Contexte : santé publique en crise à Gaza

Même avant ces règles, le système de santé à Gaza était au bord de l’effondrement en raison de destruction d’hôpitaux, pénuries de médicaments et restrictions d’accès aux soins. MSF a déjà décrit la situation comme catastrophique, avec un besoin urgent de soutien pour faire face à une crise sanitaire durable.

Ce contexte sanitaire dégradé s’inscrit dans un cadre plus large de violations des droits humains, où le droit international humanitaire, notamment les Conventions de Genève qui garantissent le droit à l’aide médicale indépendante, est fréquemment invoqué par les ONG et les institutions internationales. Je ne sais pas si une décision de justice internationale a à ce jour annulé ces règles.


Analyse éditoriale : un pas de plus vers le déclin des droits fondamentaux

La décision des autorités israéliennes ne peut se lire comme un simple ajustement administratif : elle s’inscrit dans une stratégie plus vaste de contrôle politique et sécuritaire des territoires palestiniens, impactant la capacité des acteurs neutres à répondre aux besoins humains élémentaires.

Alors que Gaza fait face à des taux élevés de traumatismes, de maladies évitables et de malnutrition, la restriction de l’accès des ONG n’est pas neutre : elle équivaut à restreindre le droit à la vie et à la santé pour une population déjà soumise à des décennies d’occupation et de colonisation.

Dans ce cadre, l’exigence de transparence des sources de financement — parfois interprétée comme un outil de contrôle politique — met en danger l’indépendance humanitaire. Il s’agit là d’une entrave directe aux principes fondamentaux du droit humanitaire international, selon lesquels les acteurs neutres doivent être autorisés à fonctionner sans interférence politique.


Conclusion

Le maintien des ONG médicales dans la bande de Gaza, Cisjordanie et Jérusalem-Est est crucial pour garantir le droit à la santé des Palestiniens, tel que défini par les conventions internationales. Si ces nouvelles règles entrent pleinement en vigueur, des centaines de milliers de personnes risquent de perdre un accès vital aux soins.

L’histoire jugera ces mesures non seulement comme une décision bureaucratique, mais comme un nouvel élément de violence institutionnelle, affectant profondément le tissu social et sanitaire des territoires palestiniens.

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Citation de la semaine

« La résistance est un droit sacré du peuple palestinien face à l’occupation israélienne. Personne ne doit oublier que le peuple palestinien a négocié pendant dix ans, accepté des accords difficiles et humiliants, et qu’au final il n’a obtenu qu’une autorité sur les personnes, sans autorité sur la terre ni souveraineté« 

~ Marwan Barghouti

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