Bennett accuse le cabinet Netanyahu d’« agir pour le compte du Qatar par cupidité »
Une crise politique majeure au sommet de l’État israélien
L’ancien Premier ministre israélien Naftali Bennett a appelé publiquement Benjamin Netanyahu à présenter sa démission, à la suite de révélations concernant un financement présumé qatari impliquant plusieurs de ses plus proches conseillers.
Cette affaire, désormais désignée sous le nom de « Qatar Gate », intervient alors qu’Israël mène une guerre dévastatrice contre la bande de Gaza, déjà placée sous blocus et occupation militaire depuis des années.
Les accusations portent sur des faits particulièrement graves : des conseillers du chef du gouvernement israélien auraient entretenu des relations financières et opérationnelles avec le Qatar, soupçonné par Tel-Aviv de soutenir des acteurs opposés à l’État israélien.
Des accusations de « trahison » en pleine guerre contre Gaza
Dans plusieurs publications diffusées sur les réseaux sociaux, Naftali Bennett a accusé le bureau de Netanyahu de « trahison envers l’État d’Israël et les soldats de l’armée en temps de guerre », affirmant que certains collaborateurs auraient agi pour le compte du Qatar, par intérêt financier, tandis que le Premier ministre chercherait à étouffer l’affaire.
Selon Bennett, il s’agirait de « l’affaire de trahison la plus grave de l’histoire d’Israël ». Il estime que, que Netanyahu ait été informé ou non, les deux hypothèses rendent sa démission politiquement inévitable.
Ces déclarations ont été relayées et renforcées par le chef de l’opposition, Yair Lapid, qui a lui aussi qualifié l’affaire de menace sans précédent pour la sécurité de l’État.
Des faits judiciaires en cours d’instruction
Les accusations s’appuient notamment sur un reportage diffusé par la chaîne israélienne i24NEWS, révélant le contenu de conversations entre deux conseillers de Netanyahu, aujourd’hui au cœur de l’enquête.
Selon les informations disponibles :
- Deux collaborateurs ont été placés en détention à la fin du mois de mars.
- Ils sont soupçonnés d’avoir transmis des informations sensibles à des acteurs qataris, en pleine guerre contre Gaza.
- Un troisième conseiller est suspecté d’avoir rédigé des éléments de communication favorables au Qatar, ensuite relayés par les deux autres.
Ces faits font toujours l’objet d’une enquête judiciaire en cours. À ce stade, aucune condamnation définitive n’a été prononcée.
Netanyahu minimise, le contexte régional aggrave
En avril dernier, Benjamin Netanyahu avait publiquement affirmé que « le Qatar n’est pas un ennemi », prenant la défense de ses conseillers mis en cause.
Cette position a suscité de vives réactions, d’autant plus qu’elle intervient dans un contexte de mobilisation militaire massive, où les autorités israéliennes invoquent en permanence l’argument sécuritaire pour justifier leurs opérations à Gaza et en Cisjordanie occupée.
Analyse : une crise interne révélatrice d’un système sous tension
Au-delà du scandale politique, l’affaire « Qatar Gate » met en lumière les contradictions profondes de l’appareil de pouvoir israélien.
Alors que le gouvernement justifie la destruction de Gaza par un discours sécuritaire absolu, des soupçons de connivences financières étrangères touchent le cercle rapproché du Premier ministre.
Cette crise interne se déroule pendant que la population palestinienne subit :
- une occupation militaire prolongée en Cisjordanie,
- une colonisation illégale, dénoncée par l’ONU,
- un siège total de Gaza, qualifié de punition collective par des organisations de défense des droits humains.
L’impunité politique face au droit international
L’affaire « Qatar Gate » ne peut être isolée du contexte global.
Depuis des décennies, les autorités israéliennes bénéficient d’une impunité politique structurelle, malgré les violations répétées du droit international humanitaire dans les territoires palestiniens occupés.
Des institutions de référence l’ont établi clairement :
- La Cour internationale de Justice a rappelé à plusieurs reprises l’illégalité de l’occupation et des colonies israéliennes (avis consultatifs, CIJ).
- Amnesty International et Human Rights Watch qualifient le régime imposé aux Palestiniens d’apartheid (rapports 2022-2024).
- Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) souligne que Gaza demeure un territoire occupé au regard du droit international humanitaire.
- L’ONU documente de manière continue les violations commises à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
Dans ce contexte, les scandales internes israéliens révèlent moins une anomalie qu’un système politique habitué à l’absence de reddition de comptes, aussi bien envers sa propre population qu’envers le peuple palestinien.
Conclusion
L’appel à la démission de Benjamin Netanyahu par d’anciens alliés politiques illustre une crise de légitimité profonde au sommet de l’État israélien.
Mais pour les Palestiniens, confrontés à l’occupation, à la colonisation et à la destruction de Gaza, cette crise interne ne modifie pas l’essentiel : l’urgence demeure celle du respect du droit international et de la protection des populations civiles.

Laisser un commentaire