Maroc–Gaza : vers une force multinationale

Des médias israéliens rapportent que le Maroc pourrait devenir le premier pays arabe à participer à une force multinationale de maintien de la paix dans la bande de Gaza. L’information a été diffusée par la chaîne publique israélienne Kan 11.

Selon ces sources, des discussions seraient en cours entre les États-Unis, le Maroc, la Grèce et l’Albanie en vue d’un déploiement militaire dans le territoire palestinien. Rabat serait pressenti pour être le premier État arabe à officialiser sa participation.

À ce stade, aucune annonce officielle n’a été publiée par les autorités marocaines ou américaines confirmant un engagement formel.


Coordination sécuritaire au sud de Gaza

Toujours d’après Kan 11, des responsables américains auraient pris contact avec le commandement sud de l’armée israélienne afin de coordonner l’accès à une zone située entre Rafah et Khan Younès.

Les deux villes concernées — Rafah et Khan Younès — se trouvent dans le sud de la bande de Gaza, secteur particulièrement touché par les opérations militaires depuis octobre 2023.

L’objectif évoqué serait l’installation d’une base destinée à accueillir une force multinationale. Des contractants civils, en coordination avec des équipes américaines, travailleraient à la planification logistique du site.

Aucune précision officielle n’a été rendue publique concernant :

  • le mandat exact de cette force,
  • son cadre juridique,
  • son autorité de tutelle (ONU, coalition ad hoc, mandat bilatéral).

Un cadre juridique encadré par le droit international

La bande de Gaza fait partie des territoires palestiniens occupés selon la position constante des Nations unies. L’Organisation des Nations unies considère Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est comme des territoires occupés depuis 1967.

En juillet 2024, la Cour internationale de Justice a rendu un avis consultatif rappelant que la présence israélienne dans les territoires palestiniens doit être conforme au droit international, notamment aux Conventions de Genève.

De son côté, le Comité international de la Croix-Rouge souligne régulièrement que la responsabilité première de la protection des civils incombe à la puissance occupante, conformément au droit international humanitaire.

Des ONG internationales telles que Amnesty International et Human Rights Watch publient régulièrement des rapports documentant des violations présumées du droit humanitaire dans les territoires palestiniens.


L’Indonésie également mentionnée

L’Indonésie a annoncé la préparation d’un contingent de 1 000 militaires susceptibles d’être déployés dans le cadre d’une initiative multinationale à Gaza. Jakarta a toutefois conditionné toute participation à la clarification du mandat et du cadre juridique de la mission.


Enjeu central : protection des civils ou gestion sécuritaire ?

Toute force internationale à Gaza soulève plusieurs questions fondamentales :

  1. Sous quelle autorité ?
    Un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU impliquerait un cadre juridique clair. Une coalition ad hoc poserait davantage de questions de légitimité.
  2. Quelle mission ?
    Protection des civils ? Supervision d’un cessez-le-feu ? Appui logistique ? Stabilisation sécuritaire ?
  3. Quelle articulation avec l’occupation ?
    Selon le droit international humanitaire, la responsabilité principale demeure celle de la puissance occupante.

La participation éventuelle du Maroc constituerait un tournant diplomatique notable dans le monde arabe. Elle interviendrait dans un contexte régional marqué par les accords de normalisation conclus ces dernières années entre certains États arabes et Israël.

À ce stade, faute de confirmation officielle détaillant le mandat, la nature et la chaîne de commandement de cette éventuelle force, toute analyse définitive reste prématurée.

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Citation de la semaine

« La résistance est un droit sacré du peuple palestinien face à l’occupation israélienne. Personne ne doit oublier que le peuple palestinien a négocié pendant dix ans, accepté des accords difficiles et humiliants, et qu’au final il n’a obtenu qu’une autorité sur les personnes, sans autorité sur la terre ni souveraineté« 

~ Marwan Barghouti

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