L’Iran dénonce une erreur stratégique majeure de l’Europe

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a vivement critiqué la décision européenne de classer le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme « organisation terroriste ». Selon lui, cette orientation ne contribue en rien à la désescalade régionale et participe, au contraire, à l’aggravation des tensions au Moyen-Orient.

Dans une déclaration publiée sur le réseau X, Abbas Araghchi a affirmé que plusieurs États œuvrent actuellement pour éviter une guerre régionale de grande ampleur, tout en soulignant qu’aucun pays européen ne figure parmi ces acteurs. Il estime que l’Union européenne a choisi une trajectoire opposée, marquée par une logique d’alignement et de confrontation.

Une politique européenne accusée d’alimenter l’escalade

Le chef de la diplomatie iranienne reproche à l’Europe de multiplier les initiatives susceptibles d’envenimer la situation, notamment en soutenant l’activation du mécanisme dit de « snapback » à la demande des États-Unis, avant d’adopter, selon lui, une nouvelle décision aux conséquences stratégiques lourdes.

Abbas Araghchi dénonce également ce qu’il qualifie de « sélectivité morale flagrante ». Il souligne que l’Union européenne est restée passive face aux violations massives du droit international humanitaire à Gaza, documentées par de nombreuses organisations internationales, tout en se montrant particulièrement prompte à invoquer les droits humains lorsqu’il s’agit de l’Iran.

Cette critique s’inscrit dans un contexte où les crimes commis contre la population civile palestinienne à Gaza ont été largement dénoncés par des institutions reconnues, dont l’ONU, Amnesty International et Human Rights Watch, qui évoquent des violations graves et répétées du droit international par Israël dans les territoires palestiniens occupés.

Des intérêts européens directement menacés

Selon Abbas Araghchi, cette orientation politique nuit également aux intérêts stratégiques de l’Europe elle-même. Une guerre régionale aurait, rappelle-t-il, des répercussions majeures sur le continent, notamment en matière de sécurité énergétique, avec une hausse prévisible et durable des prix de l’énergie.

Il conclut en affirmant que les peuples européens « méritent mieux que les choix opérés par leurs gouvernements », laissant entendre un décalage croissant entre les décisions politiques et les intérêts réels des sociétés européennes.

L’état-major iranien évoque une soumission à Washington et Tel-Aviv

Dans un communiqué distinct, l’état-major général des forces armées iraniennes a qualifié la décision européenne d’« irrationnelle, irresponsable et animée par l’hostilité ». Selon l’institution militaire, cette mesure s’inscrirait dans une obéissance directe aux politiques hégémoniques des États-Unis et d’Israël.

Le communiqué rappelle que le CGRI est une institution officielle de l’État iranien, engagée de longue date dans la lutte contre des organisations classées terroristes, notamment Daech. L’état-major affirme que cette action européenne contribue, selon lui, à banaliser et renforcer des formes de terrorisme soutenues politiquement et militairement dans la région.

Il insiste également sur le rôle joué par le CGRI dans la stabilisation régionale, tout en avertissant que les conséquences de cette décision seront, le cas échéant, de la responsabilité directe des dirigeants européens.

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Citation de la semaine

« La résistance est un droit sacré du peuple palestinien face à l’occupation israélienne. Personne ne doit oublier que le peuple palestinien a négocié pendant dix ans, accepté des accords difficiles et humiliants, et qu’au final il n’a obtenu qu’une autorité sur les personnes, sans autorité sur la terre ni souveraineté« 

~ Marwan Barghouti

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