Une majorité d’Israéliens souhaite voir Netanyahu quitter le pouvoir

Un sondage récemment publié par le quotidien israélien Maariv met en lumière un signal politique fort : une majorité d’Israéliens estime que l’ère Benjamin Netanyahu touche à sa fin. Cette évolution de l’opinion intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par la poursuite de la guerre à Gaza, l’accélération de la colonisation en Cisjordanie et un isolement diplomatique croissant d’Israël.

Un parcours politique exceptionnel, mais contesté

À 76 ans, Benjamin Netanyahu demeure l’une des figures les plus marquantes de la vie politique israélienne. Présent à la Knesset depuis 1988 sous la bannière du Likoud, il a dirigé six gouvernements répartis sur trois périodes distinctes.

Après un premier mandat entre 1996 et 1999, il est revenu au pouvoir de 2009 à 2021, avant de former un nouveau gouvernement en décembre 2022. Cette dernière coalition, la plus droitière de l’histoire du pays, s’appuie sur des partis ultranationalistes et favorables à une intensification de la colonisation.

Une opinion publique majoritairement favorable à son départ

Selon le sondage Maariv, 53 % des personnes interrogées souhaitent que Netanyahu se retire de la vie politique. Parmi elles, 30 % estiment que sa présence au pouvoir nuit désormais aux intérêts du pays, tandis que 23 % plaident pour un départ « digne », reconnaissant un bilan contrasté fait de succès et d’échecs.

À l’inverse, 38 % des sondés considèrent qu’il devrait poursuivre sa carrière et se présenter aux prochaines élections législatives.

Une polarisation politique persistante

L’étude révèle une fracture nette entre les camps politiques. Parmi les électeurs de la coalition gouvernementale, 81 % soutiennent la poursuite du leadership de Netanyahu. Néanmoins, même dans ce camp, 10 % reconnaissent que le moment d’un retrait honorable est peut-être arrivé.

Du côté de l’opposition, le rejet est beaucoup plus marqué : 60 % des électeurs estiment que Netanyahu porte préjudice au pays et doit quitter le pouvoir, tandis que 28 % appellent à une sortie encadrée, sans prolongation inutile.

Un rejet lié au contexte régional et palestinien

Cette lassitude ne peut être dissociée du contexte politique plus large. Sous les gouvernements Netanyahu, l’occupation des territoires palestiniens s’est renforcée, la colonisation en Cisjordanie s’est intensifiée et Jérusalem-Est a été davantage intégrée dans une logique d’annexion de fait, en contradiction avec le droit international.

La guerre à Gaza a également entraîné de vives critiques sur la scène internationale. Plusieurs organisations de défense des droits humains, ainsi que des agences onusiennes, ont documenté de graves violations du droit international humanitaire, contribuant à l’isolement diplomatique du gouvernement israélien.

Vers un possible tournant politique

Si ce sondage ne constitue pas un changement institutionnel immédiat, il reflète néanmoins une fatigue politique profonde au sein de la société israélienne. Cette dynamique intervient alors que les territoires palestiniens occupés demeurent marqués par la violence, l’impunité et l’absence de perspective politique crédible.

Un éventuel départ de Benjamin Netanyahu ne réglerait pas à lui seul la question palestinienne. Il pourrait toutefois ouvrir une phase de recomposition politique dont les répercussions dépasseraient largement le cadre israélien.

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Citation de la semaine

« La résistance est un droit sacré du peuple palestinien face à l’occupation israélienne. Personne ne doit oublier que le peuple palestinien a négocié pendant dix ans, accepté des accords difficiles et humiliants, et qu’au final il n’a obtenu qu’une autorité sur les personnes, sans autorité sur la terre ni souveraineté« 

~ Marwan Barghouti

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