Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, s’est rendu à la prison d’Prison d’Ofer, située à l’ouest de Ramallah, en Cisjordanie. À cette occasion, il a réaffirmé son intention de promouvoir une loi visant à instaurer la peine de mort contre certains prisonniers palestiniens.
Selon des médias israéliens, le ministre était accompagné de hauts responsables de la police, dont le commissaire général Kobi Yaakobi.
Une visite sous tension
Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux montrent des interventions à l’intérieur de l’établissement pénitentiaire. Des forces israéliennes auraient utilisé des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes dans certaines sections, tout en pointant leurs armes en direction des détenus. Plusieurs prisonniers auraient été extraits de leurs cellules puis transférés vers la cour de la prison.
La prison d’Ofer accueille principalement des détenus palestiniens arrêtés dans les territoires occupés. Son fonctionnement s’inscrit dans le cadre du système carcéral israélien appliqué en Cisjordanie, dans le contexte plus large du conflit israélo-palestinien.
Un projet de loi controversé
Lors de sa visite, Itamar Ben-Gvir a estimé que les changements apportés au régime carcéral n’étaient « pas suffisants ». Il a confirmé vouloir faire avancer un projet de loi permettant l’exécution de prisonniers palestiniens reconnus coupables d’avoir causé la mort d’un citoyen israélien, selon des critères définis par le texte.
En novembre 2025, la Knesset a approuvé en première lecture une proposition déposée par le parti Otzma Yehudit (« Force juive »), dirigé par Ben-Gvir. Le texte prévoit la peine capitale pour toute personne ayant causé, intentionnellement ou non, la mort d’un citoyen israélien pour des motifs qualifiés de racistes ou hostiles envers l’État d’Israël et le peuple juif.
La proposition doit encore être adoptée en deuxième et troisième lectures pour entrer en vigueur, conformément à la procédure parlementaire israélienne.
Droit international et peine de mort
La question de la peine capitale soulève des enjeux importants au regard du droit international. L’Organisation des Nations unies encourage depuis plusieurs années un moratoire universel sur la peine de mort.
Des organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch s’y opposent, estimant qu’elle constitue une violation du droit à la vie et peut relever de traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Par ailleurs, le Comité international de la Croix-Rouge rappelle que les autorités détentrices doivent garantir l’accès aux soins médicaux, aux visites familiales et à des conditions de détention conformes au droit international humanitaire.
Conditions de détention à Ofer
Des sources palestiniennes font état d’une dégradation des conditions de détention à Ofer : manque d’accès aux soins, pénurie de vêtements et de couvertures, restrictions prolongées des visites familiales et transferts fréquents entre sections ou établissements.
Dans le contexte plus large de l’occupation israélienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, la question des prisonniers palestiniens demeure un enjeu central, à la croisée des droits fondamentaux, du droit international et des dynamiques politiques internes israéliennes.

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