Depuis le début du mois de Ramadan, plus de 100 Palestiniens ont été arrêtés en Cisjordanie par les forces israéliennes, selon le Club des prisonniers palestiniens. Parmi les personnes interpellées figureraient des femmes, des mineurs et d’anciens détenus. Ces opérations s’inscrivent, d’après l’organisation, dans un contexte d’intensification assumée des arrestations au début du mois sacré.
Une intensification annoncée
Toujours selon le Club des prisonniers, les autorités israéliennes auraient indiqué vouloir accroître le rythme des arrestations durant le Ramadan. Les opérations se sont étendues à plusieurs gouvernorats de Cisjordanie, ainsi qu’à Jérusalem-Est.
L’organisation affirme également que des attaques attribuées à des colons israéliens ont servi de justification à des campagnes d’arrestations élargies. Plusieurs organisations internationales, dont Organisation des Nations unies et Amnesty International, ont à plusieurs reprises alerté sur la montée des violences de colons dans les territoires palestiniens occupés et sur les risques encourus par les civils.
À Jérusalem-Est, les arrestations pendant le Ramadan s’accompagnent fréquemment, selon ces sources, de mesures d’éloignement de la mosquée Al-Aqsa, site situé dans la Vieille Ville et au cœur des tensions liées au statut de Jérusalem.
Enquêtes de terrain et allégations de violations
Le communiqué évoque une intensification des « enquêtes de terrain », décrites comme des interventions menées dans des quartiers palestiniens et parfois accompagnées d’actes de violence. Le Club des prisonniers estime que ces pratiques relèveraient d’une logique de représailles collectives.
Des ONG telles que Human Rights Watch et le Comité international de la Croix-Rouge rappellent que le droit international humanitaire interdit les punitions collectives ainsi que les traitements cruels, inhumains ou dégradants dans un contexte d’occupation.
Parmi les violations alléguées figurent des passages à tabac, des intimidations de familles, des destructions de biens, des confiscations de véhicules ou d’effets personnels, ainsi que des démolitions de maisons. Le communiqué mentionne aussi des accusations graves, telles que l’utilisation présumée de civils comme boucliers humains ou la prise d’otages parmi les proches de détenus — des actes qui, s’ils étaient confirmés, constitueraient des violations majeures du droit international, notamment des Conventions de Genève.
Colonisation et cadre juridique international
Au-delà des motifs sécuritaires avancés par les autorités israéliennes, le Club des prisonniers considère que ces campagnes d’arrestations s’inscrivent dans un contexte plus large lié à l’expansion des colonies en Cisjordanie. La colonisation des territoires occupés est considérée comme contraire au droit international par l’ONU et par la Cour internationale de Justice, qui, dans un avis consultatif rendu en 2004, a estimé que les colonies israéliennes dans les territoires occupés violaient le droit international.
Des chiffres en forte hausse
Selon les données communiquées par le Club des prisonniers, environ 22 000 arrestations auraient été enregistrées en Cisjordanie depuis le début de la guerre à Gaza. Ces chiffres illustrent l’ampleur des opérations menées ces derniers mois.
La question des détenus palestiniens demeure ainsi un enjeu central du conflit israélo-palestinien, à l’intersection des dimensions humanitaire, juridique et politique.

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