Le chancelier allemand Olaf Scholz avec le président israélien Isaac Herzog à Tel Aviv le 17 octobre 2023.
Depuis 1945, l’Allemagne s’est bâtie une réputation de modèle de repentance. Musées, programmes scolaires, commémorations officielles : tout semblait indiquer un effort sincère pour ne jamais oublier les crimes du nazisme.
Mais derrière ce devoir de mémoire se cache une hiérarchie des victimes.
Une compassion conditionnelle
Le discours officiel allemand pleure les victimes juives de la Shoah, mais ignore ou relativise les crimes actuels d’Israël. Ceux qui dénoncent les bombardements à Gaza, les discriminations en Cisjordanie ou l’apartheid reconnu par Amnesty International sont désormais étiquetés « antisémites ».
L’antifascisme moral a été remplacé par un sionisme d’État, devenu dogme national.
Criminaliser la solidarité
Depuis 2019, le Bundestag a adopté une résolution assimilant le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) à de l’antisémitisme. Cette décision, dénoncée par de nombreux juristes et historiens, a permis de bâillonner la critique d’Israël dans les universités, les médias et la culture.
Des artistes palestiniens, israéliens critiques ou même juifs antisionistes se voient régulièrement exclus de festivals ou annulés de conférences au nom de la « lutte contre la haine ».
L’hypocrisie d’un État en quête de rachat
Ce nouveau zèle pro-israélien n’est pas motivé par la compassion, mais par la culpabilité héréditaire. Soutenir Israël, c’est pour Berlin expier symboliquement les crimes du passé.
Mais en agissant ainsi, l’Allemagne transfère son fardeau moral sur les Palestiniens, qu’elle sacrifie au nom d’une mémoire dévoyée.
“La mémoire de la Shoah est instrumentalisée pour justifier l’injustice présente.”
— Eyal Sivan, cinéaste israélien

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