À Abou Obeida… Nous garderons à jamais ta voix

Abou Oubida, que les gens n’ont connu que comme martyr

Le samedi 30 août, un informateur a indiqué au Shin Bet (service de renseignement israélien) l’endroit où se trouvait Huthaïfa Samir Al-Kahlout, connu sous le nom d’Abou Obeida, venu rendre visite à sa famille après une longue absence. Cette information fut aussitôt considérée comme une opportunité rare par l’armée israélienne, après l’échec de quatorze tentatives d’assassinat précédentes.

Une réunion d’urgence réunit les chefs militaires, qui décidèrent de frapper l’immeuble où il se trouvait. Bien que son emplacement précis fût connu, la frappe visa l’ensemble de la résidence, entraînant la mort de sa famille et de nombreux civils. Des missiles équipés de bombes thermobariques incendiaires, interdites par le droit international, furent utilisés.

Abou Obeida tomba en martyr, aux côtés de son épouse et de ses enfants. Avec lui, quarante membres de la famille Al-Kahlout et trente civils innocents périrent, soit soixante-neuf victimes de la répression militaire israélienne pour éliminer un seul combattant.

La trois enfants du commandant martyr Hathifa al-Kahlout. Ses deux fille, Layan al-Kahlout, et, Manna Allah al-Kahlout. Son fils, Yaman al-Kahlout.

Huthaïfa Samir Al-Kahlout : vingt ans de résistance

Né en Arabie saoudite en 1984, Huthaïfa Samir Al-Kahlout s’imposa progressivement comme la voix médiatique des Brigades al-Qassam. Habitant du camp de Jabalia, il était reconnu sous son masque dès ses premières apparitions, annonçant des opérations de résistance contre les incursions israéliennes depuis la mosquée Al-Nour, au cœur de la bataille des Jours de colère.

Charismatique et méthodique, il fonda l’unité de communication militaire des Brigades al-Qassam. Ses collègues le décrivaient comme « intelligent, pieux, humble et rigoureux », restant fidèle à la modestie de ses origines malgré sa notoriété. Sous sa direction, le bureau médiatique évolua d’une simple cellule de montage à une institution complète, dotée d’experts en communication, graphisme, photographie, traduction et veille stratégique. Chaque message qu’il diffusait était soigneusement calibré, avec un impact psychologique mesuré sur amis et ennemis.

Pendant deux décennies, Abou Obeida relia la résistance palestinienne aux peuples du monde arabe et musulman. Sa voix devint légendaire lors de la guerre de 2014, notamment pour avoir annoncé, d’un ton calme et assuré, des frappes sur Tel Aviv ou la capture de soldats israéliens, dont Hadar Goldin. En 2021, pendant la bataille de l’Épée de Jérusalem, ses allocutions étaient devenues un baromètre pour la résistance. Cible prioritaire des services israéliens, il survécut à de nombreuses tentatives d’assassinat et combattit également en première ligne à Jabalia pendant la guerre du Déluge d’Al-Aqsa.

Son frère Assid rappelle qu’il vécut selon le Coran, le plaçant au cœur de sa vie familiale. Ses messages ne s’adressaient pas seulement à Gaza ou à la Palestine, mais à toute la Oumma, appelant à la mobilisation pour la défense d’Al-Aqsa. Même dans ses derniers discours, il regrettait le manque de réaction du monde musulman, espérant un sursaut à la hauteur du sacrifice de son peuple.


L’héritage d’Abou Obeida

Abou Obeida est tombé en martyr aux côtés de son épouse et de ses enfants, victimes d’un bombardement ciblé à Gaza. Le monde retiendra sa voix, celle du dévouement, de la résistance et du rappel constant contre l’abandon de sa patrie.

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Citation de la semaine

« La résistance est un droit sacré du peuple palestinien face à l’occupation israélienne. Personne ne doit oublier que le peuple palestinien a négocié pendant dix ans, accepté des accords difficiles et humiliants, et qu’au final il n’a obtenu qu’une autorité sur les personnes, sans autorité sur la terre ni souveraineté« 

~ Marwan Barghouti

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