L’Iran intensifie ses attaques, face à une poussée américaine-israélienne vers une guerre ouverte pour renverser Téhéran. Les faits révèlent un espoir essentiel en un soulèvement interne iranien contre le régime.
Des missiles iraniens à têtes multiples ont visé hier Tel-Aviv et ses environs, le nord et le sud des territoires occupés – à un rythme moindre –, causant d’importants dégâts à Bnei Brak notamment. Les autorités d’occupation ont annoncé l’évacuation de plus de 1 500 Israéliens vers des hôtels après que leurs maisons ont été endommagées par les attaques iraniennes. Plus de 1 200 Israéliens ont été blessés.
Détails des frappes israéliennes
L’armée de l’air israélienne a publié de nouvelles données sur l’opération « Rugissement du Lion » en profondeur iranienne : mise hors service complète de 300 lanceurs de missiles, usage de 4 000 bombes et missiles aériens contre des sites partout en Iran, destruction de dizaines d’installations stratégiques utilisées pour attaquer Israël. Le porte-parole de l’armée d’occupation a confirmé une frappe sur une installation nucléaire secrète à Téhéran, où des scientifiques travaillaient sur le développement d’une arme nucléaire. Axios cite un officier israélien : l’attaque sur un bâtiment à Qom visait à empêcher les Iraniens de choisir un nouveau Guide suprême ; le nombre de membres de l’Assemblée des experts présents et l’ampleur des dégâts restent flous. L’agence iranienne Fars dément leur présence, tandis que Yediot Aharonot, citant une source sécuritaire, indique que les 88 membres n’y étaient pas, ou fort peu.
Réactions américaines et israéliennes
Côté américain, l’adjoint au secrétaire à la Défense pour les politiques affirme que les Israéliens mènent l’initiative et exécutent une grande partie des opérations. La chaîne 12 hébreue rapporte que les cercles décisionnels à Jérusalem tentent de convaincre le monde de la nécessité d’une guerre contre l’Iran, influencent l’opinion publique internationale et pressent divers pays de rompre avec Téhéran. La chaîne Kan hébreue évoque une opération spéciale israélienne pour évacuer l’équipe de son ambassade aux Émirats et la rapatrier.
Analyse d’Amos Harel dans Haaretz
Amos Harel écrit dans Haaretz que, huit mois après la victoire annoncée contre l’Iran, Donald Trump et Benjamin Netanyahou lancent une nouvelle offensive contre le régime de Téhéran, avec des objectifs plus ambitieux : ils parlent ouvertement de renverser le régime et appellent les Iraniens à descendre dans la rue. Contrairement à la guerre des douze jours, les États-Unis gèrent cette fois, mais Israël joue un rôle central et actif dans les assauts.
Le succès de l’assassinat du Guide suprême Ali Khamenei marque un tournant dramatique, sans pour autant signifier l’effondrement du régime : les Iraniens s’y étaient préparés avec une chaîne de successeurs potentiels. Il ne s’agit pas d’éliminer un chef de milice, mais celui d’une puissance régionale majeure qui n’a pas dit son dernier mot et cherchera la revanche tant qu’elle le peut. L’Iran a élevé le niveau de confrontation avec une riposte immédiate et étendue, incluant des salves de missiles sur Israël, et d’autres sur les Émirats, Bahreïn et Qatar – hôtes de bases US.
Dépendance aux protestations internes
Selon Harel, l’évolution initiale de la guerre repose sur l’interaction avec les mouvements de protestation en Iran : si les foules reviennent massivement dans les rues malgré les risques, la faiblesse du régime apparaîtra. À long terme, sa survie s’annonce difficile, mais le cœur du défi reste de briser le mur de la peur, incitant les masses à risquer leur vie pour se débarrasser du clergé. Renverser un tel régime par intervention extérieure seule, surtout aérienne, semble extrêmement ardu.
Netanyahou assume ouvertement son désir de faire tomber le régime iranien, vu comme partie d’un conflit vieux de trois décennies ; les succès militaires passés n’ont pas suffi. Les calculs de Trump paraissent plus complexes : une nouvelle guerre au Moyen-Orient manque de popularité aux États-Unis, surtout chez le noyau MAGA isolationniste. Trump a hésité longtemps avant d’agir.
Dans les prochains jours, la « dilemme » s’éclaircira : si l’Iran dépasse ses limites actuelles et montre de la flexibilité sur son programme nucléaire post-frappes, Trump se contentera-t-il d’une victoire déclarée et d’un accord, ou escaladera-t-il jusqu’au bout, poussé par Netanyahou ? Ce dernier y voit une opportunité stratégique, ignorant les risques à long terme sur la scène US : une guerre prolongée et coûteuse pourrait faire accuser Israël par Républicains et Démocrates de l’avoir provoquée délibérément.

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