Israël cherche à réduire le retour des Palestiniens à Gaza via Rafah

Selon plusieurs sources concordantes citées par l’agence Reuters, Israël cherche à limiter le nombre de Palestiniens autorisés à revenir dans la bande de Gaza depuis l’Égypte par le point de passage de Rafah. L’objectif affiché serait clair : faire en sorte que davantage de Palestiniens quittent Gaza qu’ils n’y entrent, au moment de la réouverture attendue du passage frontalier.

Cette stratégie s’inscrit dans un contexte plus large où des responsables israéliens ont déjà évoqué, à plusieurs reprises, l’idée d’« encourager » l’émigration des Palestiniens de Gaza. Officiellement, Israël continue toutefois de nier toute volonté de déplacement forcé de la population.

Une réouverture sous contrôle strict

D’après trois sources informées, Israël chercherait à encadrer strictement les flux de population transitant par Rafah, sans que les modalités précises de ces restrictions soient encore connues. Ni le ratio exact entre les sortants et les entrants, ni les critères de sélection n’ont été rendus publics à ce stade.

La réouverture du passage a été annoncée pour la semaine prochaine par Ali Shath, président du comité technocratique palestinien soutenu par les États-Unis, chargé d’administrer temporairement Gaza. Cette ouverture devait initialement intervenir dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre entre Israël et le Hamas, lors de la première phase du plan présenté par l’administration du président américain Donald Trump pour mettre fin à l’offensive sur Gaza.

Un rôle limité pour les Palestiniens, une supervision européenne

Selon les informations disponibles, le passage de Rafah devrait être géré par des agents palestiniens relevant de l’Autorité palestinienne basée à Ramallah. Des observateurs de l’Union européenne seraient également présents, comme ce fut le cas lors d’une trêve temporaire ayant eu lieu au début de l’année précédente.

Cependant, cette configuration administrative ne remet pas en cause le contrôle sécuritaire israélien. Plusieurs sources indiquent en effet qu’Israël souhaite établir un poste de contrôle militaire à l’intérieur même de la bande de Gaza, à proximité de la frontière. Tous les Palestiniens entrant ou sortant du territoire seraient contraints d’y passer et de se soumettre à des contrôles de sécurité israéliens.

Une mesure lourde de conséquences juridiques

Deux sources supplémentaires confirment que des responsables israéliens insistent pour imposer ce point de contrôle militaire, une exigence qui soulève de sérieuses interrogations au regard du droit international humanitaire. La Quatrième Convention de Genève, ainsi que les analyses répétées du CICR, de Human Rights Watch et d’Amnesty International, rappellent que la puissance occupante ne peut restreindre arbitrairement la liberté de circulation d’une population civile ni organiser des déplacements forcés.

Par ailleurs, la Cour internationale de Justice a souligné à plusieurs reprises que la politique israélienne dans les territoires palestiniens occupés — y compris Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est — devait être évaluée à l’aune des obligations internationales d’Israël en tant que puissance occupante.

Silence officiel et zones d’ombre

À ce jour, le bureau du Premier ministre israélien n’a pas répondu aux demandes de commentaires de Reuters. L’armée israélienne a renvoyé les questions au gouvernement, sans fournir d’explications supplémentaires. De son côté, l’ambassade des États-Unis en Israël n’a pas indiqué si Washington soutenait ou non ces restrictions sur les retours de Palestiniens à Gaza.

Ce silence institutionnel contraste avec l’ampleur des conséquences humaines et politiques de telles mesures. Dans un territoire déjà soumis à une occupation prolongée, à un blocus strict et à une crise humanitaire documentée par l’ONU, toute entrave supplémentaire à la liberté de circulation contribue à fragiliser davantage la population palestinienne de Gaza.

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Citation de la semaine

« La résistance est un droit sacré du peuple palestinien face à l’occupation israélienne. Personne ne doit oublier que le peuple palestinien a négocié pendant dix ans, accepté des accords difficiles et humiliants, et qu’au final il n’a obtenu qu’une autorité sur les personnes, sans autorité sur la terre ni souveraineté« 

~ Marwan Barghouti

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