La fondation Hind Rajab demande à la Grèce l’arrestation d’Israël Katz

La fondation Hind Rajab a déposé une plainte pénale officielle auprès du parquet grec, en collaboration avec une équipe juridique locale, afin d’exiger l’ouverture immédiate d’une enquête criminelle contre le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, à l’occasion de sa visite officielle à Athènes.

La démarche s’appuie explicitement sur le principe de la compétence universelle, selon lequel les États ont l’obligation de poursuivre les auteurs présumés de crimes internationaux graves, indépendamment de leur nationalité ou du lieu des faits, dès lors qu’ils se trouvent sur leur territoire.

Des accusations de crimes internationaux graves

La plainte vise Israël Katz pour responsabilité directe dans des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, ainsi que pour l’expression d’une intention génocidaire présumée, en lien avec ses fonctions exécutives successives depuis octobre 2023.

Au cours de cette période, Israël Katz a occupé plusieurs postes ministériels stratégiques, notamment à l’Énergie, aux Affaires étrangères, puis à la Défense. Selon le dossier présenté, ces responsabilités l’impliqueraient dans la définition et la mise en œuvre de politiques ayant gravement affecté la population civile palestinienne, en particulier dans la bande de Gaza.

Gaza : blocus, destructions et déplacements forcés

Les éléments transmis au parquet grec évoquent notamment son rôle dans l’élaboration de politiques de blocus, de privation d’approvisionnements essentiels — eau, électricité, carburant — et de supervision d’opérations militaires ayant entraîné des destructions massives d’infrastructures civiles ainsi que des déplacements forcés de population à grande échelle dans les territoires palestiniens occupés.

La plainte mentionne également des déclarations publiques à caractère incitatif attribuées à Israël Katz, ainsi que des entraves à l’acheminement de l’aide humanitaire, y compris des convois auxquels participaient des ressortissants grecs.

Ces accusations s’inscrivent dans un contexte largement documenté par des organisations internationales reconnues, telles que l’ONU, Amnesty International, Human Rights Watch et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui alertent depuis des mois sur de possibles violations graves du droit international humanitaire à Gaza et dans l’ensemble des territoires palestiniens occupés.

Des obligations juridiques claires pour Athènes

La fondation Hind Rajab rappelle que la Grèce est légalement tenue d’agir. Elle cite notamment la loi grecque n°3481 de 1955, par laquelle Athènes a ratifié les Conventions de Genève. L’article 146 de la quatrième Convention impose aux États l’obligation de rechercher et de poursuivre les personnes soupçonnées de violations graves, dès lors qu’elles entrent sur leur territoire.

La plainte s’appuie également sur la loi n°3948 de 2011, qui a intégré le Statut de Rome de la Cour pénale internationale dans le droit interne grec. Ce texte confère aux juridictions nationales la compétence pour poursuivre les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le crime de génocide lorsque le suspect est présent en Grèce.

Selon la fondation, ces obligations juridiques ne relèvent pas d’un choix politique, mais constituent des engagements contraignants, activés automatiquement par la présence du suspect sur le territoire grec.

Coopération militaire en parallèle des démarches judiciaires

Ce dépôt de plainte intervient toutefois dans un contexte diplomatique contrasté. La visite d’Israël Katz à Athènes s’est accompagnée de rencontres officielles avec son homologue grec, visant à renforcer la coopération stratégique et sécuritaire, ainsi qu’à approfondir les relations militaires entre les deux pays.

Pour la fondation Hind Rajab, cette simultanéité souligne une tension centrale : celle entre les obligations découlant du droit international et les choix politiques opérés par les États, au moment même où la situation à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est continue de susciter une mobilisation croissante de la société civile et des instances juridiques internationales.

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Citation de la semaine

« La résistance est un droit sacré du peuple palestinien face à l’occupation israélienne. Personne ne doit oublier que le peuple palestinien a négocié pendant dix ans, accepté des accords difficiles et humiliants, et qu’au final il n’a obtenu qu’une autorité sur les personnes, sans autorité sur la terre ni souveraineté« 

~ Marwan Barghouti

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