L’évolution récente du contexte géopolitique au Moyen-Orient montre que les tensions autour de l’Iran ne se limitent plus à la seule pression pour un changement de régime. À travers des officines politiques et médiatiques influentes, certaines puissances occidentales semblent promouvoir l’idée que la fragmentation de l’Iran, via l’exploitation des divisions ethniques et régionales, serait une réponse à ce qu’elles considèrent comme une menace géopolitique persistante. Cette dynamique s’inscrit dans un cadre plus large de rivalités internationales, où s’entremêlent stratégies de puissance, fractures internes et intérêts économiques.
Les lignes de fracture internes exploitées
L’Iran est un pays multi-ethnique où les Kurdes, les Baloutches, les Arabes d’Ahwaz et d’autres communautés vivent en marge politique et économique. Dans le discours de certains think tanks occidentaux, cette diversité est présentée comme une « vulnérabilité structurelle » à exploiter pour affaiblir le gouvernement central à Téhéran — une proposition que des analystes qualifient de dangereuse et susceptible de déstabiliser durablement la région.
Des groupes comme le Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI) ou d’autres formations kurdes basées surtout dans le nord de l’Irak ont appelé à une opposition ouverte contre le régime iranien, sans nécessairement proposer un projet national unifié. Leur présence armée dans les zones frontalières d’Iran, notamment depuis le Kurdistan irakien, alimente des tensions transfrontalières.
De récents rapports indiquent que des combattants kurdes auraient tenté de franchir la frontière irakienne pour entrer en Iran, ce que des responsables iraniens attribuent à une tentative d’exploitation de l’instabilité interne.
Des accusations de collusion avec des acteurs externes
Le gouvernement iranien a fréquemment accusé des acteurs étrangers — y compris des services de renseignement régionaux — de tirer parti des protestations et des mouvements armés pour saper l’autorité de l’État. Cette rhétorique s’inscrit dans un contexte où les autorités iraniennes affirment que certains groupes séparatistes reçoivent un soutien externe, bien que des preuves publiques indépendantes de tels soutiens restent rares ou indirectes.
En octobre 2025, l’exécution de personnes accusées de coopération avec Israël selon Téhéran illustre la manière dont le contexte de conflit régional est instrumentalisé, avec des accusations d’espionnage et de subversion utilisées pour justifier des mesures judiciaires sévères.
Le débat autour de la fragmentation d’un État
Sur le plan académique et politique, l’idée de balkaniser l’Iran divise. Certains stratèges américains et européens discutent ouvertement des avantages supposés d’un affaiblissement de l’État iranien, argumentant que cela rendrait la région plus facile à gérer pour leurs intérêts. D’autres chercheurs et commentateurs avertissent que cette stratégie pourrait provoquer un effondrement étatique, avec des conséquences humanitaires et sécuritaires catastrophiques.
Sur la scène internationale, des institutions comme l’ONU et des ONG telles qu’Amnesty International ou Human Rights Watch n’ont publié aucun rapport crédible établissant l’existence d’une campagne coordonnée de fragmentation ethno-territoriale soutenue par les États-Unis ou Israël. Les analyses disponibles tendent à souligner plutôt les risques pour la stabilité régionale et les droits humains si des fractures internes profondes étaient exploitées. Je ne sais pas s’il existe une preuve documentée indépendante de la mise en œuvre systématique d’une telle stratégie.
Contexte régional et conséquences possibles
Une politique étrangère axée sur l’affaiblissement de l’Iran, qu’elle soit appelée « empire des bandits » ou autre, reflète aussi la crainte de la perte d’influence hégémonique dans une région stratégique. Cette rhétorique est utilisée pour justifier des engagements militaires, des pressions économiques ou des alliances de circonstance, souvent au détriment des populations civiles qui subissent les effets cumulés des conflits et des sanctions.

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