Iran : le président Pezeshkian dénonce des « sabotages organisés » et promet de rétablir l’ordre
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a affirmé que des éléments armés et entraînés avaient été introduits dans le pays afin d’alimenter les troubles récents. Selon lui, la responsabilité première du gouvernement consiste à empêcher les actes de sabotage tout en continuant à répondre aux revendications sociales légitimes.
S’exprimant lors d’une allocution télévisée, le chef de l’État a déclaré que « l’ennemi cherche à aggraver l’instabilité ». Il a toutefois établi une distinction claire entre les manifestants et les fauteurs de troubles, précisant que ces derniers « ne représentent pas les protestataires ». Le gouvernement, a-t-il assuré, « écoute les revendications populaires et mobilise tous ses moyens pour résoudre les problèmes des citoyens ».
Dans le même temps, Massoud Pezeshkian a insisté sur le double devoir de l’exécutif : répondre aux inquiétudes sociales et empêcher toute dérive violente susceptible de plonger le pays dans le chaos. Il a ainsi appelé les familles iraniennes à ne pas laisser leurs enfants être entraînés dans des actions de rue qu’il attribue à des « terroristes et semeurs de discorde ».
Réforme économique et fin des rentes
Le président est également revenu sur l’état d’avancement de la réforme du système de subventions, l’un des chantiers économiques majeurs de son gouvernement. Il a évoqué de nombreuses réunions avec les syndicats et les représentants des commerçants, en présence de responsables gouvernementaux.
Selon lui, une minorité bénéficiait jusque-là de profits considérables grâce à l’allocation de devises subventionnées au début de la chaîne d’approvisionnement. Ces mécanismes, a-t-il expliqué, permettaient d’orienter des avantages publics vers des intérêts privés bien identifiés. La remise en cause de ces rentes expliquerait, selon le président, la montée des contestations de certains groupes qui, sans s’exprimer ouvertement, chercheraient à entraver la mise en œuvre des réformes.
L’objectif affiché par l’exécutif reste une distribution équitable des ressources, indépendamment des appartenances politiques, sociales, ethniques ou régionales. Conscient des inquiétudes suscitées par cette réforme, Massoud Pezeshkian a indiqué qu’une structure spéciale avait été mise en place au sein du gouvernement, placée sous la direction du gouverneur de la Banque centrale et dotée de prérogatives constitutionnelles exceptionnelles afin d’accélérer les décisions.
Le Conseil de gardiens appelle à la fermeté
De son côté, le Conseil de gardiens de la Constitution a condamné les actes de vandalisme et de destruction de biens publics. Dans un communiqué, l’institution a demandé aux autorités sécuritaires et judiciaires d’agir avec fermeté et sans complaisance contre les responsables.
Le Conseil affirme que les troubles récents se seraient déroulés sous la supervision d’Israël et des États-Unis, accusant ces acteurs de chercher à briser l’unité nationale iranienne. Le communiqué souligne que l’État « ne tolérera aucune action de sabotage ni de collaboration avec des puissances étrangères » et appelle la population à préserver la cohésion nationale face aux pressions extérieures.
Téhéran met en garde Washington
Parallèlement, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réagi aux déclarations de responsables américains qualifiant de « fantaisistes » les accusations iraniennes concernant l’implication des services de renseignement américains et israéliens.
Dans un message publié sur la plateforme X, le chef de la diplomatie iranienne a rappelé les propos passés du directeur de la CIA sous la première présidence de Donald Trump, évoquant ouvertement les actions conjointes du Mossad et de ses soutiens américains. Il a conclu par un avertissement : « La seule illusion aujourd’hui est de croire que le feu n’atteindra pas ceux qui l’allument. »

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