Jérusalem : 2025, une année parmi les plus meurtrières

Au cœur des territoires palestiniens occupés, Jérusalem-Est reste l’un des épicentres les plus violents de l’occupation israélienne.
Entre 2021 et 2025, 144 Palestiniens ont été tués dans le gouvernorat de Jérusalem, selon des données officielles locales.
Dans cette séquence continue de violence structurelle, l’année 2025 s’inscrit parmi les plus meurtrières, confirmant une tendance lourde plutôt qu’un accident historique.

Cette réalité s’inscrit dans un contexte d’occupation prolongée, qualifiée de contraire au droit international par les Nations unies et la Cour internationale de Justice (CIJ, avis consultatif de 2004).

Une létalité en hausse continue

En 2021, 16 Palestiniens ont été tués à Jérusalem, dans un contexte marqué par la multiplication des exécutions extrajudiciaires lors d’opérations militaires.
L’année suivante, 19 décès supplémentaires ont été enregistrés, notamment lors d’incursions armées menées au cœur de quartiers densément peuplés.

Puis, 2023 marque une rupture brutale.
Avec 51 morts, elle devient l’année la plus sanglante de la période, dans le prolongement direct de l’offensive israélienne sur Gaza. Plusieurs Palestiniens originaires de Jérusalem y ont également trouvé la mort.

En 2024, la dynamique ne faiblit pas.
35 Palestiniens sont tués, dans un climat d’usage excessif de la force et d’absence persistante de mécanismes internationaux de protection des civils, pourtant exigés par le droit international humanitaire (CICR).

Enfin, 2025 enregistre 23 morts supplémentaires, confirmant la normalisation des homicides extrajudiciaires comme outil central de contrôle et de répression.

Rétention des corps : une pratique documentée

Entre 2021 et fin 2025, la rétention des corps de Palestiniens tués s’est fortement intensifiée.
Cette pratique, dénoncée par Amnesty International et Human Rights Watch, est assimilée à une punition collective interdite par les Conventions de Genève.

  • 23 corps retenus fin 2022
  • 35 fin 2023
  • 45 fin 2024
  • 51 corps palestiniens toujours détenus fin 2025, conservés dans des morgues militaires ou des « cimetières des numéros »

Le Comité international de la Croix-Rouge rappelle que le respect de la dignité des morts constitue une obligation juridique, y compris en situation d’occupation.

Plus de 6 500 blessés à Jérusalem

Sur la même période, 6 528 Palestiniens ont été blessés à Jérusalem-Est.
Ces blessures résultent d’attaques de l’armée israélienne et de colons, souvent agissant sous protection militaire.

En 2025 seulement, 331 personnes ont été blessées, par balles réelles, balles en caoutchouc, passages à tabac ou inhalation de gaz lacrymogène.
Enfants, travailleurs, étudiants et conducteurs figurent parmi les victimes.

L’ONU, via le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), documente régulièrement ces violences comme caractéristiques d’un contexte d’occupation prolongée.

Al-Aqsa : une pression croissante

Le rapport fait également état d’une augmentation massive des incursions dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa.

Entre 2021 et 2025, 289 497 colons israéliens ont pénétré le site, systématiquement escortés par les forces d’occupation.
Ces incursions incluent des rituels religieux publics, en violation du statu quo historique reconnu par le droit international.

En 2025,

  • 74 114 colons ont envahi l’esplanade
  • 70 945 entrées supplémentaires ont été enregistrées sous couvert de « tourisme »

L’UNESCO rappelle que Jérusalem-Est est un territoire occupé et que ses lieux saints bénéficient d’un régime de protection spécifique.

Violences des colons et arrestations massives

Entre 2021 et 2025, 1 467 attaques de colons ont été recensées à Jérusalem-Est.
Parmi elles, 241 agressions physiques directes.

En 2025, 484 attaques ont été documentées, incluant agressions racistes, profanations et tentatives d’imposition de rituels religieux.

Parallèlement, 11 555 Palestiniens ont été arrêtés sur cinq ans.
Pour la seule année 2025 :

  • 804 arrestations
  • 81 enfants
  • 53 femmes

Ces pratiques sont régulièrement dénoncées par Amnesty International comme relevant d’une stratégie de coercition systémique.

Démolitions et colonisation accélérées

Enfin, 1 732 démolitions et opérations de destruction ont été menées entre 2021 et 2025, dont 397 en 2025, un record annuel.

À cela s’ajoutent :

  • 1 439 ordres de démolition ou d’expulsion
  • 151 projets coloniaux déposés
  • 130 approuvés
  • 51 mis en appel d’offres

Au total, plus de 72 000 unités de colonisation ont été planifiées ou validées en cinq ans, en violation directe de l’article 49 de la IVᵉ Convention de Genève.

Un projet colonial structuré

L’ensemble de ces données dessine un constat clair :
à Jérusalem-Est, la violence n’est pas conjoncturelle, elle est structurelle.

Comme le rappellent les Nations unies, la Cour internationale de Justice et le CICR,
l’occupation israélienne s’accompagne de pratiques illégales visant la dépossession, le déplacement forcé et l’effacement progressif de la présence palestinienne.

À Jérusalem, ce processus se déploie sans interruption.

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Citation de la semaine

« La résistance est un droit sacré du peuple palestinien face à l’occupation israélienne. Personne ne doit oublier que le peuple palestinien a négocié pendant dix ans, accepté des accords difficiles et humiliants, et qu’au final il n’a obtenu qu’une autorité sur les personnes, sans autorité sur la terre ni souveraineté« 

~ Marwan Barghouti

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